critique Littéraire : Et au pire, on se mariera.

« Et au pire, on se mariera »
par Sophie Bienvenu
publié aux éditions La Mèche
152 pages
17.95$

Résumé :
« Centre-Sud. Entre la Sainte-Catherine, Mel et Jo, les putes travesties, et le parc jonché de seringues, Aïcha traîne son enfance cassée par son beau-père. Elle rencontre Baz et devient amoureuse. Une chose grave leur arrivera. Pour sauver sa peau, pour protéger Baz, Aïcha, forcée de s »expliquer à une travailleuse sociale, revoit son histoire et multiplie les versions des faits. Dans un monde si mal foutu, qui dit vrai et qui peut dire où se situe la réalité ? Une confrontation déchirante et drôle où l »émotion court. La langue à fleur de peau de Et au pire, on se mariera se trouve à la croisée du romanesque, du théâtre de rue et de la déposition. »


Vous aimerez aussi


Mon avis:
J’ai tendance, lors de mes lectures habituelles, à m’imprégner la personnalité du personnage principal aux premières lignes du roman et à garder cette personnalité durant toute ma lecture. Pour l’une des rares fois, je n’y suis pas arrivée. Aïcha est une jeune adolescente troublée, au cœur lourd, elle est si complexe que ça ne la rend que plus poétique à mes yeux. Cette jeune adolescente de 13 ans vit avec sa mère et s’entoure de gens qui ne sont pas du tout de son âge, mais auxquels elle tient beaucoup. C’est ça l’important, non ?
Je ne pourrais pas décrire cette fille autrement ; elle est une définition à elle-seule.  Remplit de sa complexité, de ses humeurs difficiles et de son tempérament boule de feu.

Comme je le disais, je n’ai pas réussis à m’imprégner à 100% le personnage comme à mon habitude, mais cela n’a pas rendu ma lecture moins intéressante pour autant ! Je réussissais à rester distancée de ses émotions et je n’avais qu’une envie, c’est de la prendre dans mes bras et lui promettre que tout va s’arranger lorsqu’elle grandira, que la vie peut être beaucoup moins complexe.

C’est un petit livre que j’ai dévoré en un après-midi d’orage dans mes couvertures et je crois qu’il est parfait pour ce genre d’occasions. Une lecture poignante, courte, cruelle à la fois, remplit et écrit de manière rafraichissante dans un jargon québécois qui fait du bien.

Je ne croyais pas, en choisissant ce livre à la bibliothèque, vivre autant d’émotions. Cette jeune adolescente, malgré tout, n’est qu’une fille comme les autres : elle veut être seulement être aimé.

« (…) je voudrais être une pute, oui, mais juste avec un client. Un respectueux. Un qui me demande comment s’est passé ma journée et qui me fait couler un bain. Je lui ferais à manger, pis je m’occuperais de la maison, ou alors on aurait une femme de ménage. Je serais amoureuse de lui, et lui de moi (…). On aurait vraiment une belle vie (…). On aurait un contrat qui dit que je peux juste être sa pute à lui, et lui mon client à moi. Mais au pire, si c’est trop compliqué, on se mariera. »

Bonne lecture !

Pour acheter le livres c’est par ici. (lien d’affiliation) 

 

 

Seychelle Fournier

Laisser un commentaire