• Home
  • /
  • on jase!
  • /
  • Arrêtons les tabous, parlons de dépression.
dépression

Arrêtons les tabous, parlons de dépression.

D’un jour à l’autre, la vie peut basculer de manière imprévue. Un accident de voiture, la mort d’un être cher, gagner à la loterie ou rencontrer l’âme sœur. Ce sont tous des événements qui peuvent changer votre vie en un petit claquement de doigt. Sans jamais l’avoir vu venir, votre vie prend soudainement un sens totalement différent de celui où vous alliez quelques jours, voire quelques heures, plus tôt. Lorsque cet événement est quelque chose d’heureux, votre vie prend évidemment un meilleur virage. L’arrivée imminente d’un bébé tant attendu. Une note parfaite à cet examen si important. Un voyage qui vous ouvre les yeux d’une manière merveilleuse. Ces événements traceront par la suite votre histoire, comme tous les autres choix et événements que vous avez faits dans le passé. Votre vie semblera plus belle, que ce soit pour quelques heures, quelques jours ou quelque mois. Les feuilles des arbres seront plus belles, les gens plus souriants et votre vie aura tout bonnement un sens nouveau.

Toutefois, la vie ne bascule pas toujours du côté positif.

Un divorce, un deuil, une agression sexuelle, l’intimidation. En soi, des choses malheureusement courantes.

Mais également des choses qui vous détruisent de l’intérieur.  

En 2005, ils ont recensé au Canada uniquement 71 269 divorces. Ça fait beaucoup de couple. Et ça, c’est sans compter toutes les autres ruptures amoureuses qui font tout aussi mal.

En 2012, une statistique disait qu’il y avait approximativement 1,9 décès à chaque seconde dans le monde, soit 158 857 décès par jour. Ça en fait, des pierres tombales.

En 2014, 5 340 infractions sexuelles ont été compilées au Québec par le corps policier, dont 3 585 agressions sexuelles. Et là, il faut prendre en note que moins de 8 % des viols font l’objet de plaintes. Et en France, 190 000 viols seraient commis en une seule petite année. C’est à rendre malade.

Finalement, une étude réalisée à Toronto avait dévoilé qu’un geste d’intimidation était posé environ à toutes les 7 secondes. En statistique, 10% des enfants, un adolescent sur trois, 38% des hommes et 30% des femmes étaient victimes d’intimidation, alors que 40% des travailleurs seraient intimidés, semaine après semaine, selon l’Institut de recherche en santé du Canada.

Les chiffres sont là, partout sur Internet et facilement accessibles. Ils ne mentent pas. Ce sont des choses qui arrivent à tous les jours, sans arrêt. On devrait être habitué, non? Alors pourquoi font-ils toujours aussi mal? Ces événements resteront à jamais des choses qui changent la vie d’une personne… Et pas de la bonne manière. Qui fait chavirer sa vie vers un côté plus obscur, et l’emmène dans des endroits qu’elle n’aurait jamais imaginés. Des endroits dans sa propre tête. Ce sont des événements qui sont eux-mêmes tabous, mais qui viennent créer à la longue l’un des plus grands tabous de notre époque.

La dépression.

D’un claquement de doigt, votre vie vient de changer. Parfois, à la suite d’un seul évènement. D’autres fois, à la suite de plusieurs petites choses qui vous détruisent lentement de l’intérieur. L’extérieur change soudainement de couleur, tout vous semble plus sombre et votre vie semble être un tunnel sans fin, sans voir la moindre petite étincelle de lumière. C’est comme si la vie n’avait plus de sens. Comme si le monde ne savait plus vraiment dans quelle direction tournée. Vous avez la sensation de tombée, ou de vous noyer. Le monde continu autour de vous, sans remarquer que vous êtes complètement perdu. Pourquoi continuer ainsi? Est-ce que cela en vaut la peine, vous demandez-vous.

L’épisode dépressif est le trouble mental le plus fréquent au Québec, avec 12% des personnes de plus de quinze ans atteints au moins une fois au cours de leur vie. Alors pourquoi est-il toujours aussi sensible à aborder? Pourquoi est-ce que personne n’ose parler de sa maladie? Pourquoi est-ce si mal vu, contrairement à toutes les autres maladies?

C’est simple, en réalité. Parce qu’ils ne comprennent pas.

knotted up inside, lost and confused.

(crédit photo: pinterest)

Ils ne comprennent pas que cette maladie vous ronge de l’intérieur. C’est comme un monstre perché par-dessus votre épaule vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Un monstre qui vous murmure à l’oreille des choses horribles, des choses inimaginables. Un monstre qui vous enlève l’envie de vous amuser, de rire et d’aimer. Un monstre qui vous enlève le goût de vivre. La dépression est un trouble mental tout aussi valide que n’importe quel autre trouble physique. La personne atteinte veut de l’aide. Elle veut être sauvée, mais comment? Comment être sauvée, lorsque le monstre vous dit que personne ne veut de vous, que personne ne vous aime, que vous êtes incapables de tout faire, que vous méritez de mourir?



Comment?

Ils ne comprennent pas à quel point ça fait mal. Combien de fois avez-vous entendu dire ; « Il fait cela pour attirer l’attention, ne t’inquiètes pas. »

Ouais, ne t’inquiètes pas. Il t’a dit qu’il voulait se suicider pour attirer l’attention. Il a avalé un flacon de pilule pour attirer l’attention également.

C’est vrai qu’il attire l’attention là maintenant, dans son cercueil.

« Je veux mourir. »

Ça ne devrait jamais être une phrase prise à la légère. Une personne qui dit cela essaye bel et bien d’attirer l’attention de son interlocuteur, mais pour lui faire réaliser à quel point elle va mal. C’est pour avoir de l’aide. C’est une personne qui est en train de crier au secours, parce qu’elle sait qu’elle ne pourra jamais s’en sortir seule.

Arrêter de fermer les yeux sur la dépression. Arrêter de faire comme si tout allait bien, comme si les choses allaient se replacer d’elle-même. Arrêter de baiser les yeux et d’éviter le regard d’une personne malade. Tentons plutôt d’aider ces personnes. De les aider à passer à travers ces événements traumatisants qui les ont fait tomber. Tendez la main, et aidez à chasser ce monstre accroché au dos de cette personne qui vous tient à cœur.

Avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

 


Gabrielle Charron

One Comment

Laisser un commentaire

Please copy the string lhmz4Q to the field below: