La magie perdue.

En voyant les lumières qui brillent sur les maisons, les décorations accrochées aux arbres et le sol recouvert de blanc, j’ai commencé à me sentir nostalgique.

Petite, le temps des fêtes était pour moi un temps magique. Je repense à tous mes souvenirs, certains dignes d’un film. Les jeux dans la neige avec mes amis, emmitouflés dans nos habits. Les chocolats chauds avec des guimauves. La musique de Noël que j’écoutais sans arrêt. Les calendriers de chocolat, qui me donnait une petite dose de bonheur à chaque matin avant l’école. La poudre de fée, rependu partout dans la maison, aux côtés des lettres des lutins. Les cadeaux qui s’empilaient sous le sapin. Je me revois, assis devant eux, à espérer que le plus gros était le mien.

Puis, les soupers de famille. Les repas traditionnels, les tenues propres, les rires, les biscuits et le lait, le son des grelots, puis l’arrivée du Père Noël en calèche, tiré par d’énormes chevaux. Et la joie de découvrir que, oui, le plus gros était le mien. Plus une dizaine d’autres. J’étais gâtée comme ça!

Je suis nostalgique, parce que les choses ont bien changé depuis mon enfance. Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes le 14 décembre. Et je ne me sens toujours pas excitée à l’idée de Noël. Je m’ennuie de ce sentiment. Ce sentiment qui me donnait l’impression d’être dans un livre. D’être emmenée dans un monde magique. Je m’ennuie d’attendre impatiemment l’arrivée du Père Noël. De rester éveillée, pour entendre ses pas et les reines. De leur laisser quelques carottes. Je m’ennuie de ce sentiment que j’avais, entourée de ma famille. Comme s’il n’y avait rien de mal dans le monde. Je m’ennuie de cette innocence, cette naïveté propre aux enfants, qui semblait amplifiée à cette période.

En grandissant, Noël n’était plus tous ces moments de beauté. C’était la course au cadeau, le stress, les examens et l’épuisement. Il n’y a plus de Père Noël qui vient nous visiter, puisqu’il n’y a plus d’enfant. Cette magie-là, qui appartient uniquement à ce mythe, est complètement disparu. C’est quelque chose qui me manque.

Je sais qu’éventuellement, dans les dix prochaines années environ, de nouveaux enfants devraient arriver dans la famille. C’est terrorisant, mais en même temps je me dis que peut-être, la magie de Noël reviendra dans nos cœurs alors qu’une nouvelle personne la découvrira pour la première fois. Mais surtout, j’espère que je pourrais de nouveau ressentir un jour un semblant de cette magie féérique.

 


Gabrielle Charron

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