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Je ne suis pas lâche, je suis en dépression.

La plupart des gens me voit comme une personne paresseuse, qui ne va pas à l’école sous prétexte que je ne vais pas bien mentalement, etc. Écoute-moi bien; je vis une dépression depuis 2 mois (oui 2 mois !)

et non, je ne suis pas lâche, mais bien en dépression. 

chaque jour, quand je me lève, c’est pénible. Pis y’a des jours où je me lève juste pas parce que je pleure tellement pendant la nuit ou en me levant que je suis encore épuisée. C’est ben beau si je me suis pas encore ouvert les veines parce que je me sens pas bien.



Je dois pas avoir fait d’épicerie complète depuis minimum 3 semaines. Pourquoi ? Parce que j’ai pas faim ! Je me nourris de temps à autre de repas que je me fais lorsque j’ai assez de joie dans ma tête pour cuisiner ! Je cuisine 1 fois dans ma semaine et je mange ce repas là pendant le reste de ma semaine, accompagné de bols de céréales ici et là, d’œufs et autre petits repas vites faits contenant pas trop de gras et/ou de sucres. Parce que en plus d’être dépressive, je ne suis pas bien dans mon corps !

Ben oui, j’ai un autre mal-être qui s’appelle « je me sens grosse, mais j’ai pas d’argent pour aller au gym ».

Alors; toi pis t’es petits : «  Chek la paresseuse qui se présente pas au cours! » Ben dit toi que j’en passe des moments plus rough que toi, pis que je fais mon possible.

La semaine, je me dédie entièrement aux enfants que je garde et que j’adore garder ( ça m’apporte l’impression d’être utile à quelque part ) et à l’école. La fin de semaine, je peux ben pleurer, voir des amis, déprimer seule sur mon divan en pyj, habillée ou même toute nue parce que je viens de sortir de la douche et que je pleure trop pour m’habiller.

Faque, dis-toi que la fille souriante, serviable et pimpante de joie que tu vois la semaine, c’est juste un show, c’est juste un masque pour que les personnes comme toi, qui aiment t’abattre sur les gens qui sont différents des autre, ne s’abatte pas sur moi, qui est possiblement l’opposé de toi.

//@shoutouttoomyex

Parce que oui, j’ai des pills encore pour m’aider à entrer dans le moule et bien aller.

Parce que les travailleurs sociaux auront ben beau te dire que si tu as une routine de sommeil, si tu mange bien tes 3 repas par jour et que tu fais de l’exercice quotidiennement, tu vas bien aller. Parfois, ça prend un petit coup de pouce, des antidépresseurs pour t’aider.

Le fameux « t’es pas toi quand t’a faim », ben il existe aussi en format « t’es pas toi quand t’es triste ».

Moi, je suis triste en permanence, je m’arrange juste pour que ça aille toujours vite dans ma tête, parce que comme ça, je penses pas à la tristesse. De cette manière, je pleure pas devant les gens, parfois même, je pleure juste pas pendant quelques jours, pis un moment donné, ça sort. BAM! Un coup de pelle sur la gueule.

Sur ce, si tu ne fais pas parti des personnes qui jugent et s’abattent sur les autre, mais simplement des personnes qui vivent la même chose, ou presque, que moi. Ben je te souhaite ben du courage, parce que c’est pas facile tous les jours.

Mais ça en vaut la peine. À la fin.

 

Appelez le 1-866-APPELLE (277-3553). Des gens sont là pour vous aider et vous soutenir. Ne restez pas seul. Vous n’êtes pas seul à combattre. Il y a toujours de l’espoir.


 Carolanne Bertrand

2 Comments

  • Karine

    avril 25, 2018 at 6:13

    Plein de douceur à toi.
    Les maladies mentales sont encore tellement tabou alors qu’elles ne le devraient pas.
    Bravo à toi de t’ouvrir comme ça! En parler est le meilleur moyen des les démystifier, que ces maladies invisibles deviennent assez connues pour être reconnues.

    Répondre
  • Carolanne

    avril 25, 2018 at 9:39

    Merci beaucoup, je m’ouvre souvent sur mon diagnostic et les troubles que je ressens en tant que personne atteinte d’un trouble de la personnalité limite. Certaines personnes qui sont dans ma condition n’arrivent pas à sortir de chez eux pour travailler ou aller à l’école. Je suis chanceuse dans ma malchance car mon TPL n’est pas trop grave ( émotions intenses, autodestruction, dépendances et j’en passe ) mais la dépression, l’anxiété, les troubles obsessionnels compulsifs et les phobies que j’ai prennent presque toute la place dans ma tête. Je sais à quel point c’est plus facile de vivre en sachant que on est pas seuls à vivre avec le fardeau de la dépression. J’ai écrit cet article juste avant de me trouver un nouveau travail et maintenant que je suis obligée de sortir de chez moi, je me sens beaucoup mieux. 🙂

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