Ancienne toxicomane à la retraite.

toxicomane

J’ai récemment arrêté de prendre ma médication. Ça n’a pas été un choix facile, mais je me suis dit : qui ne tente rien, n’a rien.

Donc tranquillement pas vite, on a diminué les doses de mes différentes médications jusqu’à ce que j’en aie plus du tout. Aujourd’hui, à l’heure que je vous parle, cela fait 5 semaines que je suis « sobre ». Mais le but de cet article n’étant pas de me vanter, mais plutôt de raconter mon histoire, je m’y mets à l’instant !

En décembre 2014, j’ai reçu ma première médication pour l’anxiété, après 4 ans de dépression et de crises d’angoisse. J’ai pris ces médicaments comme une bouée de sauvetage. Ça m’a rendue zombie tellement elle n’était pas adaptée à moi, je dormais tout le temps. Quelques semaines plus tard, je rencontrais mon premier psychiatre. Le diagnostic est tombé : trouble de la personnalité limite, trouble d’anxiété généralisé, trouble de l’adaptation et trouble obsessionnel compulsif.

Premier changement de médication. Pour un médicament qui augmentait mes idées suicidaires.

toxicomane

Au mois de février 2015 j’ai été hospitalisée pour la première fois pour des idées suicidaires. Comme je n’avais pas encore 18 ans, j’ai été transférée à Sainte-Justine. J’y suis restée une semaine. On m’a laissée sortir après avoir changé ma médication, encore.

Comme la médication augmentait mes idées noires, je me suis rendue presque toutes les fins de semaine à l’urgence pour rencontrer les psychiatres de garde, j’ai tranquillement perdu toute ma crédibilité. Je passais pour celle qui ne voulait que de l’attention. Les médecins ont augmenté ma médication jusqu’au maximum, parce que parfois, les effets secondaires d’un médicament peuvent s’estomper en augmentant la dose. Malheureusement, ce ne fût pas mon cas et mes 18 ans sont arrivés assez rapidement et mon dossier de l’enfance n’a pas été transféré à l’adulte.

Cela a pris 10 mois avant que j’aie un nouveau psychiatre qui reprenne mon dossier. La fin de semaine même, je me faisais hospitaliser pour une semaine en psychiatrie, cette fois-ci à l’adulte. On m’a dit que je devrai probablement prendre des antidépresseurs jusqu’à la fin de ma vie et je m’étais faite a cette fatalité.

Une semaine et demi plus tard je sortais de là avec une nouvelle médication, la bonne cette fois.

Pendant 1 an j’ai tranquillement remonté la pente. En 2017, on a observé une grande amélioration de mon état, alors on a tenté un premier sevrage d’antidépresseurs.


À lire également: Je ne suis pas lâche, je suis en dépression.


Oui, oui, un sevrage, parce que pour les personnes qui l’ont vécu, arrêter les antidépresseurs c’est comme arrêter une drogue. Les mêmes symptômes. J’y était presque, bientôt fini de diminuer les doses quand j’ai fait une rechute. Le psychiatre a aussitôt remonté les doses drastiquement.

Entre temps, j’ai fait différentes thérapie cognitivo-comportementale seule avec différents professionnels avant de finalement prendre la décision de faire une thérapie de groupe. Pendant 6 mois, j’ai eu une rencontre de groupe un avant midi par semaine et une rencontre individuelle à chaque deux semaines. C’est ce qui m’a sauvé la vie. Prendre le temps et la décision de prendre soin de moi. La meilleure décision de ma vie.

Ce qui nous emmène à aujourd’hui. Février 2019. J’ai arrêté les antidépresseurs depuis janvier. Et à date ça va super bien ! Je passe au travers la saison déprimante et je me sens bien, je me suis séparée de mon amoureux et je me sens bien et libérée. Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment l’impression de vivre. Je respire et chaque bouffé d’air me rappelle que je suis en vie après 8 ans de dépression. 8 ans à me battre contre mes propres démons.

Il est vrai que certaines journées je me réveille et je suis plus triste, mais grâce à la thérapie je sais maintenant comment y remédier pour que mes idées déprimantes ne deviennent pas des idées noires. Je sais reconnaitre les causes de mon dysfonctionnement s’il y en a. Je sais faire face à toutes les personnes mesquines et méchantes gratuitement qui osent me traiter de « dysfonctionnelle toxique » (ok je l’avoue je vise quelqu’un en particulier en disant cela). Maintenant je me sens forte et je vis, je prends mon courage à deux mains chaque matin et je suis heureuse. Car je suis responsable de mon propre bonheur.

Ce n’est pas toujours facile et il se peut qu’un jour je refasse une dépression car je n’y suis pas à l’abris, mais je sais que rendue là, je saurai gérer.

Après tout je suis une guerrière.

QUELLE EST VOTRE RÉACTION?
Excited
0
Happy
0
In Love
0
Not Sure
0
Silly
0
Voir les commentaires (0)

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

© Copyright - Le flamant rose. Tous droits réservés.

Scroll To Top