Faire le ménage devant sa porte.

Je ne sais pas si c’est pareil partout, mais dans la culture haïtienne, il existe différents niveaux de nettoyage. Le quotidien, le grand ménage du samedi et le ménage extrême avant le 31 décembre. Pour ce dernier, il s’agit de s’assurer que la maison ressemble aux statuts New year, new me dont regorge notre fil d’actualité en début d’année. Après un 2018 un peu beaucoup Rock’n’roll, une fatigue physique et morale m’accablait. Je me suis dit qu’un ménage ordinaire suffirait. Au pire, la maison serait juste assez présentable pour accueillir 2019.

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Entre en scène, Marie Kondo, l’experte du rangement dont le livre a inspiré la téléréalité Tidying Up with Marie Kondo. En diffusant le premier épisode le 1er janvier, Netflix s’est arrangé pour que la culpabilité de négliger la tradition me gruge. Moi qui prévoyais me reposer en regardant un film… Comment se détendre quand tu sens le regard glacé et réprobateur de tes ancêtres te transpercer l’âme? Et j’exagère à peine. Disons que mon plan ne ressemblait pas du tout au scénario qui se déroulait dans ma tête. J’ai donc envoyé le lien de l’émission à mes plus vieilles et une mise en garde au reste de la famille. On a du pain sur la planche pour le reste des vacances.

Marie Kondo
Source : facebook.com/konmarimethod/

Ta vie, ton chaos, tes solutions

En me fiant à plusieurs commentaires, il semble que je n’étais pas la seule à m’attendre à voir une équipe prendre les commandes du chantier. Contrairement à Décore ta vie, Méchant changement ou Les Anges de la rénovation, les gens ne sont pas invités à quitter leur foyer pendant que des inconnus réaménagent leur espace. Loin d’être tenus à l’écart, les habitants de la maison s’acquittent de la tâche et dévoilent par la suite les changements à une Marie Kondo enchantée.

Comme un professeur ou une meilleure amie, la « méthode KonMari » te guide dans la bonne direction. Elle t’aidera à identifier tes lacunes, mais le choix de travailler sur toi-même et de t’améliorer te revient.

1re leçon : J’ai compris qu’il incombe à la personne qui le crée de nettoyer son bordel. Tu peux demander de l’aide, mais ne t’attends pas à ce que d’autres règlent tes problèmes à ta place. Au contraire, prendre conscience de l’ampleur du désordre, te permettra de réaliser que des changements s’imposent. Qui d’autre que toi est mieux placé pour savoir comment tu devrais vivre Ta vie?

Tu n’es pas un arbre. Tu peux te déplacer.

Si tu es comme moi, tu as tendance à en tolérer beaucoup, voire trop. Soit par peur de déplaire ou parce que tu as tout simplement trop bon coeur. Ton excuse par excellence : d’autres souffrent plus que toi. Tu n’aimes pas la situation dans laquelle tu te trouves, mais tu déploies peu ou pas d’efforts pour la changer. Si tu y réfléchis 2 minutes, tu adoptes probablement la même attitude pour l’intérieur de ta maison. Tu passes pourtant une bonne partie de ton temps dans ta salle de bain, ta chambre, ta cuisine. Si ces pièces sont toujours sens dessus dessous ou que tu n’aimes plus la décoration, le sentiment de bien-être ne se pointera pas au rendez-vous. Ce que tu verras ne te conviendra pas, car ça ne te ressemble plus.

Source : pexels.com

2e leçon : Tu n’as pas à tolérer un environnement toxique parce que tu doutes de la possibilité d’obtenir mieux demain. Le changement ne devrait pas t’effrayer. Lève-toi et marche. Pars explorer de nouvelles avenues. La sensation de ne plus être à ta place marque ton besoin d’évoluer. Il s’agit d’un signe de croissance personnelle.

Does it spark joy?

Marie Kondo demande de répondre à cette question pour aider à trier ses affaires. Si tu ressens des étincelles de bonheur, tu gardes. Si tu ne ressens plus rien, tu remercies l’item et tu t’en défais. L’idée de remercier mes robes me paraissait à la limite du ridicule, mais j’ai quand même tenté l’exercice. Puis, en observant la pile « à donner », je me suis questionnée. Tous ces vêtements ou ces objets auxquels je m’attachais, que m’apportaient-ils vraiment?  En aurais-je réellement besoin un jour? Probablement pas. Ça venait de me frapper.  Je gardais des choses inutiles, au cas où. Sinon, j’invoquais le prétexte du cadeau. Ce que je cherchais à combler, c’était un vide. Par exemple, en gardant des photos de gens qui m’ont blessée à répétition avant de sortir de ma vie, je conservais l’espoir que peut-être, un jour, tout redeviendrait comme avant.

Source: Pexels.com

3e leçon : Qu’il s’agisse d’un objet ou d’une personne, son passage sur ta route pourrait bien être temporaire. Quand c’est fini, c’est fini. N’aie pas peur de t’en séparer. En laissant aller la négativité, tu crées de l’espace, chez toi et dans ton coeur, pour de nouveaux souvenirs positifs.

Gravir le mont Everest

Je ne vous mentirai pas. La motivation s’est transformée en regrets en voyant le fouillis sur mon lit. À quoi ai-je pensé? Je surestimais manifestement mon pouvoir de superfemme! Je souhaitais réaliser en quelques heures, ce qui était accompli en plusieurs semaines dans l’émission. Fail. Je me suis effondrée, très près du but. Dans d’autres sphères de ma vie, la même histoire se répète. 1001 idées demeureront sur papier. Malgré toutes les bonnes intentions du monde, je ne terminerai pas ce que j’ai commencé. Si ça devient trop gros, j’abandonne, intimidée par l’envergure du projet. Je marche constamment dans l’ombre de mon anxiété de performance.

Source: apartmenttherapy.com

4e leçon : Si tu te sens dépassé, respire, prends une pause, mais n’abandonne pas la course. Les difficultés, qui t’apparaissent comme une montagne infranchissable, ne sont en réalité qu’un amas de petits riens qui se sont accumulés. L’important, quand tu te retrouves dans cette situation, c’est de te rappeler ta vision initiale, ton pourquoi. Le but étant d’atteindre le fil d’arrivée avec la même énergie qui t’habitait au départ.

Je pourrais t’énumérer encore une dizaine de leçons. Je termine en te disant que la méthode KonMari pourrait réveiller le maniaque de la propreté en toi, comme ce fut le cas pour moi, mais pas nécessairement dans le sens que tu penses. Oui, une maison sale occasionnera une crise d’urticaire, mais tu rechercheras surtout une netteté d’esprit. En jetant des veilles tasses cassées ou des vêtements tellement rapiécés qu’on ne voit plus le design original, il y a eu un déclic. Je ressens la nécessité intense de repartir à neuf.  Je veux et je mérite plus. Je me suis trop longtemps contentée de médiocrité déguisée en zone de confort.

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