Quand le doute perdure

doute

Nous avons toutes les femmes, cette petite voix intérieure qui nous darde la tête à l’occasion. Cette même voix que l’on chasse aussi rapidement qu’elle est apparue. Que l’on trouve si fatigante, puisqu’elle remet souvent en question nos choix, nous fait douter, nous fait réfléchir… et surtout, remet en question nos envies et nos agissements. Notre entourage s’en charge déjà amplement!

À lire également : Incertitude, je te déteste.

Cette voix n’est jamais là pour rien. C’est ce qui fait que le doute persiste au fil du temps. Quand on met en sourdine notre intérieur, notre sens inné…

Anecdote.

J’ai rencontré un homme, il y a quelque temps déjà. Tout de suite, le «vibe» entre lui et moi était palpable, pratiquement visible à l’œil nu. Même nos amis, communs ou non, nous témoignaient surprise et étonnement à notre égard, teintés d’envie.

Toutefois, ma petite voix me disait méfiance. Je doutais de ses belles paroles. Quand un homme vous dit après quelques rencontres: « Tu sais qu’on va s’aimer toi et moi? » Comment ne pas fondre. Il a su jouer dans le mou, mon petit mou de cœur à moi, juste à la bonne place, là où ça marque. Là où ça peut faire mal. Il avait atteint sa cible… ou il était complètement déconnecté de l’impact et des conséquences que pouvaient avoir ses paroles!

Aucun attachement, aucun engagement. Okay, le deal me convient. J’adhère.

Mais on s’attache, malgré nous. Surtout avec des paroles aussi enivrantes et remplies de promesses.

« Chez moi, c’est chez toi. »

« Viens quand tu veux. Amène ta fille, j’adore les enfants »

Puis des blagues du genre: « On est déjà rendu un vieux couple! »

Il faudrait d’abord commencer par en être un… mais je ne lui faisais guère part de ce genre de réflexions affligeantes.

Mais on tripe ensemble. Salement. Trop.

Crédit photo : Becca Tapert sur Unsplash

Arrive cette nuit. Cette nuit où je dors chez lui et dois me lever tôt le lendemain pour le travail. Lui, il veille avec ses chums de gars via Facebook live. COVID oblige. Et d’un hasard tout à fait troublant, je me réveille à 4 h 30. Et j’entends cette conversation qui pour moi, eut l’effet d’une douche froide.

–Je veux te rencontrer… Tu devrais être avec moi en ce moment… Je te veux… Si l’on se marie… Hey, ma femme…

Toutes ses belles paroles prémâchées que j’avais entendu à mon égard quelque temps auparavant étaient désormais dirigées vers une inconnue, via une application vidéo sur cellulaire…

Ce qui m’attriste le plus dans cette histoire de cœur, c’est le manque de transparence de la part de cet homme. Cet homme qui semblait si honnête et ma foi, très convaincant. Je suis parfaitement consciente qu’on n’avait dit aucun engagement. Visiblement, tout n’est pas blanc ou noir lorsque les sentiments s’en mêlent. Mais cette conversation entendue avec ladite inconnue m’a tout de même ébranlée…

Je réalise que cette fille s’apprête peut-être à vivre la même chose que moi. Et le mécanisme intrinsèque de cet homme en matière de séduction ne fait que se répéter, se perpétuer de plus belle, ne connaissant probablement rien d’autre.

Manque de confiance en soi?

Je ne pense rien apprendre à personne en disant qu’il faut d’abord s’aimer et s’estimer afin de bien rendre l’appareil à un éventuel partenaire de vie ou de cœur. Moi, je m’aime suffisamment pour ne pas continuer dans cette voie. Au cours de cette relation, je ne peux compter le nombre de fois où je me suis dit: « Peut-être qu’il ne le pense pas, peut-être il ne fait pas exprès, il a oublié… » Car au fond de moi, dans le mou, j’espérais. Et tant qu’il y a de l’espoir, on met de l’énergie afin de savourer le bonheur, le bien-être auxquels nous aspirons.

Mais j’étais complètement à l’opposé. Je m’éloignais de moi-même, celui auquel je me suis promis fidélité et respect.

Et on le fait toutes. Car notre fameuse petite voix, on la met sous le tapis, et parfois, on s’y met avec à vouloir tant plaire et être aimée. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est plus mon cas. Je ne ferai jamais autant de sacrifices afin de « garder » un homme à mes côtés. L’amour et l’affection, ça coule tout seul. Des deux côtés. Faire plaisir oui, mais pas à l’avant de mes besoins, pas à l’avant de ma propre personne, de mes rêves et de mes ambitions.

Ce n’est pas ça une relation.

Nos modèles amoureux peuvent être amochés. On finit par amocher les gens autour de nous en les répétant sans cesse et en ne se remettant pas en question. Quand on cerne un modèle malsain dans nos relations amoureuses, on peut le changer. Ça prend un effort et du temps, certes, mais cet investissement est payant pour notre tête, notre cœur, notre mou. Cet effort, je l’ai fait jadis.  Dans ma vie amoureuse, je souhaite être accompagnée. Je n’ai pas besoin d’être sauvée ni de sauver qui que ce soit.

Vais-je revoir cet homme? Pour ma part, oui, en ami. Malgré le fait qu’il y ait incompatibilité sur le plan cœur, il coexiste de l’affection et un attachement humble envers cette personne en moi.  Je ne ressens aucune haine, aucune frustration lorsque je pense à lui.

Le jeu n’en vaut tout simplement pas la chandelle.

«Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, mais l’indifférence» -Patricia Bourrié

View Comments (0)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

 

 

© 2020 Copyright Le flamant rose. The issue - Développé par Fuelthemes. Propulsé par WordPress.